Qu’est-ce que la « twindémie », le risque de double vague Covid et la grippe ?

Après deux hivers avec un masque, qui ont presque fait disparaître la grippe, la perspective d’une double vague de Covid et de grippe se profile. Une « twindémie » est une « épidémie jumelle » (de l’anglais twins), c’est-à-dire la combinaison du Covid et de la grippe saisonnière. Et il y a actuellement un risque de double vague.

Rezza : croissance tout à fait pertinente des hospitalisations

Cette semaine également, le nombre de cas de Covid dans notre pays tend à augmenter avec 441 cas pour 100 000 habitants. Et l’indice Rt montre également une tendance à la hausse, atteignant 1,18, donc au-dessus de ce qui est considéré comme la limite épidémique. Le directeur général de la prévention du ministère de la santé, Giovanni Rezza, résume les données du Covid. En ce qui concerne les admissions, le taux d’occupation des patients Covid dans les services de médecine et les unités de soins intensifs est de « 8,2 % et 1,8 % respectivement, en dessous du seuil critique, mais avec une augmentation assez significative » des admissions ordinaires, « tandis que les soins intensifs sont en légère augmentation ». Avec l’augmentation de la vitesse de circulation du virus, il est bon, selon Rezza, de « garder un comportement prudent et surtout de faire des rappels de vaccin, surtout pour les personnes les plus fragiles et les plus de 60 ans ».

De la France au Royaume-Uni, rebondissement des cas

L’augmentation des infections à coronavirus se poursuit en France. Débutée début septembre, la dernière vague continue sa progression tant en termes de cas que d’hospitalisations, selon le bilan hebdomadaire rendu public par les autorités sanitaires transalpines. La semaine dernière, la circulation du virus a progressé « fortement sur l’ensemble du territoire, en particulier, chez les personnes âgées », selon le bilan de Santé Publique France. Les cas d’infection par Covid ont également rebondi au Royaume-Uni, après plus de deux mois de baisse régulière et généralisée malgré l’absence désormais totale de restrictions. Les données hebdomadaires publiées sur la base de calculs d’échantillons par l’Office des statistiques nationales (Ons), montrent maintenant une estimation moyenne d’environ une personne infectée pour 50 dans le pays. Les infections, constatent les spécialistes (à commencer par les responsables et les conseillers médicaux de l’agence de sécurité sanitaire britannique), ont atteint un pic depuis la mi-juillet. Ils soulignent toutefois que la tendance n’est pas « alarmante » pour le moment et qu’elle n’impose pas non plus de nouvelles restrictions sociales ou individuelles ; elle doit plutôt inciter à la prudence à l’égard des groupes plus âgés et des personnes vulnérables, alors qu’une quatrième dose de vaccin calibrée en fonction des différentes sous-variantes de la souche Omicron qui sont encore prévalentes est proposée, qui sera disponible pour l’ensemble de la population âgée de plus de 50 ans à partir de ce mois-ci.

La possibilité d’infections simultanées

En outre, plusieurs infections simultanées causées par différents virus respiratoires pourraient survenir en automne et en hiver. « Souvent, une double infection entraîne une évolution plus grave de la maladie et aussi une mortalité accrue », explique Christian Wiedermann, de l’Institut de médecine générale et de santé publique de Bozen. En Angleterre, explique Wiedermann, des infections virales doubles ont été détectées chez environ 8 % des patients qui ont contracté le Covid. Dans ce cas, le risque de devoir ventiler mécaniquement les patients double ». Aux États-Unis, les autorités sanitaires prévoient jusqu’à 50 000 décès liés à l’épidémie de grippe imminente. En outre, on estime à 150 000 le nombre de décès annuels dus au coronavirus. Depuis l’introduction des mesures anti-covirus (distance interpersonnelle, hygiène, masque) en mars 2020, la très faible propagation du virus de la grippe a pu affaiblir le bouclier immunitaire.

L’expérience « australienne

Wiedermann prévoit une augmentation du nombre de cas pour la saison de grippe actuelle, en se basant également sur l’expérience de la grippe « australienne ». Là-bas, en effet, les infections grippales ont augmenté de 25 % par rapport à 2019, illustre l’expert. « Le port de masques et le maintien d’une distance interpersonnelle ont drainé le réservoir dans lequel se développe le virus de la grippe. C’est précisément pour cette raison qu’il n’a pas pu se propager de la manière habituelle. Nos défenses immunitaires ont eu moins de contacts avec les virus. Ces contacts, en plus de la vaccination, contribuent au maintien de notre protection immunitaire », explique M. Wiedermann.